Souleymane Bachir Diagne

Souleymane Bachir Diagne

05/08/2020 Par CapK6255

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« Né en 1955 à Saint-Louis, au Sénégal, Souleymane Bachir Diagne a été formé à l’École normale supérieure, à Paris, notamment par Louis Althusser et Jacques Derrida. Il dirige aujourd’hui l’Institut d’études africaines de l’université Columbia, à New York, où il est professeur dans le département de français et de philosophie. Souleymane Bachir Diagne a publié de nombreux travaux dans les domaines de l’histoire de la logique, de la philosophie islamique et africaine. »

Extrait de l’article publié le 03/08/2020 – Interview de Chantal Cabé

 

« L’histoire de l’Afrique a trop souvent été fragmentée et écrite sur la base de nombreux préjugés, européens principalement. La civilisation égyptienne, par exemple, était jugée trop brillante pour appartenir au continent africain. Elle en a donc été détachée. Cette vivisection de l’histoire africaine a aussi coupé le continent en deux : l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du Nord ou, en termes raciaux, « l’Afrique noire » et « l’Afrique blanche ».

 

« Si l’on veut comprendre le mouvement du monde sans les œillères idéologiques créées par ce qu’il pouvait y avoir de colonial dans l’enseignement de l’histoire, il est bon de se donner une chronologie globale. Ainsi, lorsqu’on parle de l’Afrique comme berceau de l’humanité, il ne s’agit pas d’évoquer une simple origine après quoi l’histoire se serait ensuite réalisée ailleurs, mais de comprendre le mouvement continu qui a produit différentes phases de l’humanité. Autrement dit, penser l’Afrique dans le cours du monde est le meilleur moyen de penser l’Afrique elle-même. Et le cours du monde ne se pensera pas sans le rôle que l’Afrique y a joué et y joue encore. Bref, l’Afrique ne se comprend pas sinon réfléchie et analysée dans le cours de notre monde. »